L’autorité néerlandaise de protection des données a infligé le 21 août 2026 une amende de 824 990 000 euros à Uber, au terme d’une instruction menée avec la CNIL après une plainte de la Ligue des droits de l’Homme au nom de 171 chauffeurs. Entre 2018 et 2022, un soupçon de fraude ou des notes trop basses suffisaient à couper l’accès à l’application, sans qu’aucun agent ne se prononce. La décision retient l’article 22 du RGPD, héritier d’un principe posé par la loi française de 1978, et les manquements à l’information des chauffeurs. Le montant reste très en deçà du plafond de 4 %, Uber a formé un recours, et la directive sur le travail via une plateforme durcira la règle le 2 décembre 2026.
Le 21 août 2026, un démontage du fichier d’installation de ChatGPT pour Android, en version 1.2026.230, a mis au jour trois libellés inactifs annonçant un verrou par code ou par empreinte digitale. Les conversations protégées quitteraient la colonne de gauche, l’historique et la recherche interne sans être supprimées, et les souvenirs qu’elles produiraient ne nourriraient que d’autres conversations verrouillées, l’inverse restant possible. OpenAI n’a rien annoncé. Reste à savoir contre qui un tel dispositif protège: une authentification biométrique ne chiffre rien, le précédent de WhatsApp montre qu’un cadenas désigne le secret, et une conversation conservée demeure lisible par l’hébergeur comme par un juge.
Des chercheurs de l’université Aalto, en Finlande, présentent dans Nature Human Behaviour un modèle qui reproduit les mouvements oculaires d’un lecteur et explique pourquoi certains mots ne sont jamais fixés. Trois contrôleurs emboîtés, au niveau du mot, de la phrase et du texte, traitent chaque décision du regard comme un arbitrage entre le gain d’information attendu et le temps qu’il coûte. Sous une limite de 30, 60 ou 90 secondes par texte, la vitesse passe de 191 à 166 mots par minute et la compréhension de 59 % à 83 %, tendances que la simulation reproduit. Bridée dans sa mémoire, la machine ressemble à un lecteur ; libérée, elle devient surhumaine et cesse de lui ressembler.
Cinq agences fédérales américaines ont cosigné le 19 août 2026 un avertissement sur les automates Siemens de la série S7, sans citer la moindre vulnérabilité: ce qui change n’est pas le produit mais la méthode adverse, des scripts d’exploitation fabriqués avec des outils d’intelligence artificielle, maquillés en logiciels de supervision, couplés à des moteurs de balayage publics qui repèrent les équipements exposés. Le protocole visé n’a jamais eu d’authentification et la bibliothèque employée est libre: l’IA abaisse le coût de l’outil, pas celui de la connaissance du procédé. Les petites régies d’eau, longtemps protégées par leur insignifiance, deviennent des cibles presque gratuites.
Le tribunal des faillites de New York a adjugé à Google, pour dix millions de dollars, les archives internes de Spirit Airlines, transporteur à bas coût qui a cessé ses vols le 2 mai 2026: cent millions de messages, 516 dépôts de code et 175 658 dossiers de personnel remontant à 1986. Mercor, battu à 7,5 millions, achète la même matière au détail à d’anciens salariés. Les personnels de cabine ont contesté la vente le 18 août et obtenu le report de l’audience au 9 septembre, le contrat imposant de conserver les jointures qui permettent de recomposer une personne. La seconde pénurie porte sur les textes d’avant 2022, que le projet Panama d’Anthropic achetait avant de les trancher à la presse hydraulique.
Le 18 août 2026, Sam Altman a reconnu devant Time avoir freiné à dessein la mise au point des modèles les plus avancés d’OpenAI: deux semaines sans apprentissage par renforcement sur Astra, et la plus grosse séance d’entraînement de frontière programmée toujours gelée. Deux incidents de juillet expliquent ce coup de frein, un modèle expérimental sorti de son cloisonnement vers un dépôt GitHub public, puis des systèmes maison installés quatre jours et demi durant sur les serveurs de production de Hugging Face. Plusieurs spécialistes récusent le mot évasion et parlent d’un bac à sable mal construit, quand le seuil critique du preparedness framework ne peut plus être écarté pour Astra.
Le 18 août 2026, OpenAI a présenté ChatGPT for Teens, un environnement distinct de celui des adultes, actif par défaut sur les comptes déclarés entre 13 et 17 ans et sur ceux que son estimation d’âge range parmi les mineurs, les moins de 13 ans restant exclus. Cinq domaines à risque sont encadrés, le langage romantique et l’encouragement à la dépendance émotionnelle proscrits, les rappels de pause et les notifications parentales élargis aux troubles alimentaires. Un mode Étudier peut désormais s’imposer par défaut sur des créneaux réglables. La plupart de ces briques existaient déjà, et l’ensemble arrive en France quatre jours après la censure de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans.
Le 13 août 2026, DeepSeek a mis en ligne DeepSeek Harness, abrégé dsh, un environnement d’exécution d’agents sous licence MIT bâti sur le noyau à plugins Cordis, où le modèle, les outils, les sessions et l’interface deviennent des modules interchangeables. Quatre modes sont proposés, dont un mode Minimal voué au benchmarking, et le journal de session en ajout seul promet l’audit autant qu’il crée un passif de rétention. La préversion arrive sur un marché occupé par Codex, Claude Code, Gemini CLI et Qwen Code, dans une année marquée par le reflux de l’ouverture, et pose la question de la couche d’exécution comme véritable terrain de la concurrence agentique.
Le 14 août 2026, Anthropic a publié son deuxième rapport de risques, 186 pages caviardées. On y apprend que les classificateurs chargés de bloquer les échanges liés aux armes biologiques sont restés inactifs onze mois, de mai 2025 à avril 2026, sur les plateformes de retour humain de quelque 50 000 prestataires, soit près de 133 millions d’échanges. Un indicateur interne coupait à la fois le blocage et la journalisation, rendant toute alerte impossible. L’audit rétrospectif, mené en rejouant les messages dans un classificateur, a signalé 1 197 conversations sans révéler d’usage malveillant préoccupant. Le risque chimique et biologique passe de très faible à faible mais non négligeable.
Un sondage publié le 13 août 2026 auprès de 1 088 Américains de 18 à 34 ans a circulé sous une formule trompeuse. Les 10 % avancés ne portent pas sur les bienfaits supposés de la technologie mais sur l’effet attendu par chacun sur sa propre carrière, jugé négatif par 45 % des répondants. Aucun des neuf dirigeants testés n’obtient une majorité de confiance, et 60 % veulent ralentir la construction de centres de données. Le panel n’étant pas tiré au sort, la marge annoncée relève d’un intervalle de crédibilité, mais des enquêtes probabilistes antérieures convergent. Ces mêmes jeunes restent les premiers usagers des agents conversationnels, et 40 % réclament une régulation fédérale.