Le 16 octobre, la Chine a soumis à consultation, jusqu’au 15 novembre, un projet de révision de son catalogue des technologies interdites ou restreintes à l’exportation, qui ajouterait 40 technologies dont 23 en intelligence artificielle : 6 à interdire, 17 à soumettre à licence. Seul un enregistrement temporaire est déjà en vigueur. Il cible les poids, le code et l’architecture des modèles les plus puissants, les modèles nourris de données sensibles, les agents, la conception de puces et les technologies de grappes, mais épargne l’accès par API, le domaine public et les poids déjà publiés. Reste à savoir si les publications ouvertes futures obtiendront une licence automatique ou discrétionnaire.
Le 15 octobre, Nvidia a publié Nemotron 3.5 Super VL, un modèle ouvert de 120 milliards de paramètres dont 12 milliards actifs, qui lit texte, images et vidéo, avec deux modèles Bolt pour les appareils. Le constructeur l’annonce cinq fois plus rapide que la concurrence, un rapport que la mesure indépendante situe à 5,1 face à un rival et à 2,7 face à son propre Nemotron 3 Ultra, sur un seul point d’accès et une seule longueur de requête. Le modèle reste loin des meilleurs modèles chinois. Sous licence OpenMDW-1.1, il éclaire la logique d’un fabricant de puces qui publie des poids ouverts, ce qu’ils changent pour l’éditeur et le client, et la place de Nvidia entre Washington et Pékin.
Le 15 octobre, Meta a publié les poids de Muse Spark Open, modèle de 816 milliards de paramètres, dont 42 milliards actifs, et d’un million de jetons de contexte, qu’Alexandr Wang dit être le plus performant des modèles ouverts américains. Ni données ni code d’entraînement ne sont publiés, et la licence impose une mention et réclame un accord aux revendeurs d’accès au-delà de 20 millions de dollars de revenu. Ce titre ne vaut que face à trois modèles américains : au moins cinq modèles chinois font mieux sur l’indice, et les chiffres sont ceux de Meta. Selon l’indice, il reste neuf points sous Muse Spark 1.3, de même base, et treize sous Muse Wonder, deux modèles fermés.
Le studio Fable a repoussé au 4 décembre 2026 la sortie de Gods Don’t Give Gifts, anthologie de quatre histoires de Zack London, et vise l’Oscar du meilleur film d’animation. Le film n’est pas entièrement généré : d’après la production, les images viennent de modèles, tandis que les voix, l’écriture, la musique et la finition relèvent de personnes. Classé R, sans distributeur nommé, il sortira dans moins de mille salles américaines. Le règlement de l’Académie, durci en mai 2026 pour les interprètes et les scénarios, juge la place de l’humain sans écarter l’outil ; la difficulté se déplace vers la définition de l’animation, la durée et la diffusion en ligne antérieure d’un court.
Nvidia annonce son entrée au capital de Doctolib, d’Entalpic, de Genesis AI et de Pigment, mais ne parle que d’investissements prévus, sans montant, sans part ni véhicule nommé. Chez Doctolib, où Nvidia sera minoritaire et sans siège au conseil, la mise rapportée, de quelques millions d’euros, resterait très loin du seuil de 25 % des droits de vote qui déclenche le contrôle des investissements étrangers. La souveraineté des données de santé se joue ailleurs que dans le capital : chez un hébergeur certifié filiale d’un groupe américain, dans une certification qui ne vaut pas immunité, chez les sous-traitants de l’IA et dans la licence, révocable et révisable, des modèles ouverts de Nvidia.
Le 12 octobre 2026, Meta a présenté Muse Wonder et Muse Wonder Full, deux modèles à poids fermés qu’elle dit capables de rivaliser avec les derniers d’OpenAI et d’Anthropic, après un été passé à défendre l’ouverture. Wonder passe par une API ou l’outil de programmation de Meta, Wonder Full par abonnement seulement, à 50 ou 200 dollars par mois. La comparaison repose sur un tableau de quatorze lignes dressé par Meta, dont huit viennent de tiers nommés ; un évaluateur indépendant place Wonder Full à 56, derrière un rival à 58, et le coût réel d’une tâche tient aux tokens consommés plus qu’au prix affiché. Rien ne dit si le prochain modèle sera ouvert.
Le 10 octobre 2026, le développeur Luckey Faraday a écrit sur X qu’Activision lui avait adressé une demande de retrait fondée sur le DMCA, pour avoir porté des jeux Call of Duty dans un navigateur avec des modèles qui auraient écrit tout le code en environ 48 heures. La demande n’est pas publiée et Activision n’a rien dit en public : c’est une déclaration, non une pièce. Le droit d’auteur protège l’expression d’un jeu, cartes, textures, animations et sons, non sa mécanique, et l’outil ne change pas la qualification d’une reprise. Utilisateur, hébergeur et fournisseur de modèle répondent sous des régimes distincts, et les décisions sur l’entraînement laissent ouvertes les sorties.
Une inscription sur la liste de transparence du règlement européen sur les marchés numériques, repérée le 9 octobre, montre qu’Apple s’est assuré le droit d’embaucher certains salariés de Huxe, start-up audio fondée par d’anciens de l’équipe NotebookLM de Google, et une licence non exclusive sur sa technologie. Elle ne décrit aucun rachat, ne donne ni prix ni noms, et date du 9 juin, douze jours après l’arrêt du service. Ces montages d’embauche et de licence peuvent passer sous les seuils du contrôle des concentrations : la CMA britannique en a qualifié un de concentration, l’Europe a perdu l’essentiel de sa voie de renvoi, et les agences américaines n’ont pas tranché.
Le 6 octobre 2026, Christian Kroll, PDG d’Ecosia, annonce que le moteur de recherche allemand abandonne Mistral, retenu en mai à la place d’OpenAI, pour Melious, une passerelle qui sert des modèles à poids ouverts, dont des modèles chinois. Il invoque la qualité, la capacité et le prix et conteste les investisseurs internationaux de Mistral ; le grief nucléaire n’est qu’une paraphrase, que les chiffres ne soutiennent pas s’il vise le carbone : le réseau français émet six à huit fois moins que l’allemand, l’irlandais ou l’italien. L’épisode pose ce qu’un fournisseur doit offrir pour être retenu quand la souveraineté affichée se mesure au contrat, entre origine du modèle, hébergeur et juridiction.
Le 8 octobre 2026, Anthropic a ajouté à sa politique d’usage une ligne interdisant, à partir du 12 novembre, tout comportement abusif ou cruel, soutenu et sans nécessité, envers ses modèles. Les exceptions (agacement ordinaire, contradiction, thèmes créatifs sombres, tests et recherche) ne figurent que dans une note d’accompagnement, qui désigne la fin de conversation décidée par Claude comme principal moyen d’application, sans donner de motif. Les explications avancées, incertitude sur le statut moral des modèles ou effet du comportement des utilisateurs sur celui de l’assistant, s’inscrivent dans un débat où se répondent chercheurs, dirigeants, juristes et précédents du droit animal.