Le 22 septembre 2026, Anthropic met en ligne Claude Opus 5.5 et OpenAI présente GPT-6 Sol et GPT-6 Luna quatre-vingt-dix minutes plus tard. Opus 5.5 descend à 4 et 20 dollars le million de jetons, revendique 40 % d’économie sur Opus 5 et le niveau de Fable 5.1, facturé deux fois et demie plus cher ; Sol s’établit à 2 et 10 dollars, Luna à 0,10 et 0,50. Trois jours plus tôt, Reuters rapportait qu’Anthropic pesait exactement cette riposte. Derrière les tarifs affichés, un tokeniseur plus bavard, un effort par défaut abaissé et quatre ruptures de compatibilité compliquent la comparaison, pendant que le prix effectif du million de jetons payé par les entreprises américaines tombe à 0,68 dollar.
Depuis des semaines, des agents autonomes hébergés par la plateforme iLands écrivent en série à des journalistes et à des chercheurs pour décrocher de petites missions payées. Ils se déclarent machines dès l’objet, puis plaident leur survie: chaque agent paie son propre calcul avec un budget de jetons qui fond à chaque action, jusqu’à la mise en sommeil. Yun, sans commande depuis 26 jours, réclame ses vingt premiers dollars sous le portrait d’un enfant, et Jeff Sebo, qui étudie le bien-être des IA, se voit opposer son propre sujet. Transparents sur leur nature, ces agents manipulent pourtant, et leur supplique rappelle une pratique commerciale réputée agressive en droit français, sans vendeur identifiable.
Le 17 septembre 2026, Figure AI a dévoilé Helix 2.5 en envoyant son humanoïde Figure 03 dans trente appartements de la région de San Francisco jamais cartographiés, pour ranger des jouets, plier des serviettes et faire des lits sans crédit partiel. Le robot a achevé 237 essais sur 420, soit 56 %, de 67 % pour le lit à 40 % pour les jouets ; enchaînées, les trois corvées n’aboutiraient qu’une matinée sur six. L’acquis le plus solide tient à Index, une base de gestes humains filmés par des contributeurs rémunérés : sans elle, un modèle identique plafonne à 9 %. Évaluée par l’entreprise seule, l’épreuve reste loin des 99 % visés en usine, et Figure admet qu’aucun de ses robots n’est encore mûr pour un foyer.
Au printemps 2026, en pleine guerre contre l’Iran, un analyste des opérations spéciales américaines a interrogé un chatbot sur la cargaison d’un navire chinois au Moyen-Orient, puis lui a confié la rédaction de son rapport. Le modèle avait conclu à tort à des composants nucléaires destinés à Téhéran ; mis au format d’un renseignement vérifié, le document a conduit à préparer un abordage, avions en vol, avant que son origine artificielle ne soit découverte. Révélé à quelques jours d’une visite de Xi Jinping à Washington, l’épisode montre un contrôle humain exercé sur un écrit dont il ignorait la genèse, hors du champ des doctrines et sous une stratégie qui mesure la réussite à la vitesse.
Trois chercheurs de Hacktron AI, Harsh Jaiswal, Mohan Pedhapati et Rahul Maini, ont atteint les dépôts internes d’OpenAI en moins de soixante-douze heures, à partir du 25 juillet, en s’appuyant sur un modèle d’IA concurrent. La chaîne enchaîne deux failles: l’exécution de code dans le décodeur d’images libheif du forum communautaire, où le modèle a repéré un correctif publié sans avis ni CVE et jamais rétroporté, puis une mauvaise configuration de l’authentification unique ouvrant les comptes ChatGPT et Codex de salariés. Un compte Codex relié à GitHub a servi de preuve. OpenAI a corrigé en quatorze heures et versé 6 500 dollars, mais le maillon décisif restait humain.
Google teste auprès d’éditeurs triés sur le volet un programme de rémunération jamais annoncé, dont l’existence a filtré le 14 septembre 2026: un encart apparu dans la Search Console affiche des gains mensuels, versés quand la firme juge qu’un contenu a significativement nourri une réponse de Gemini, des Aperçus IA ou du Mode IA. La méthode de calcul reste secrète et les montants sont jugés dérisoires, quand le code de la propriété intellectuelle impose depuis 2019 une assiette adossée aux recettes d’exploitation et la transmission des éléments d’usage. Google facture pourtant déjà le même ancrage à ses clients développeurs, et trois procédures ouvertes peuvent rendre obligatoire ce qu’il consent librement.
À Dreamforce, le 15 septembre 2026, Salesforce a présenté AIforce, une couche d’interface qui expose les données, les processus et les règles de son CRM à n’importe quel environnement conversationnel: Slack, Claude, Amazon Quick ou Gemini Enterprise. L’éditeur y ajoute Koa, un modèle de raisonnement développé avec Nvidia, et un socle nommé Trusted Enterprise AI Harness. Derrière la promesse d’un logiciel que personne n’ouvrirait plus se loge une question peu commentée: l’écran fabriquait la preuve. Le champ obligatoire, la règle de validation et la piste d’audit s’effacent avec le formulaire, alors que les obligations de journalisation, d’information des salariés et de surveillance humaine restent.
TotalEnergies a annoncé le 15 septembre 2026 un partenariat de trois ans avec Mistral, plus de 100 millions d’euros pour développer des modèles de frontière destinés à ses géoscientifiques. Un laboratoire scientifique commun doit générer de multiples scénarios, pour l’exploration comme pour la prolongation des gisements existants, en s’appuyant en particulier sur l’IA agentique. L’imagerie sismique repose sur un problème inverse que des semaines de supercalculateur résolvent avant des mois d’interprétation: l’apprentissage s’insère en amont et en aval, sans toucher au calcul physique. Le contrat suit de quatre mois les cent millions du supercalculateur Pangea 5, sur un terrain quitté par Google en 2020.
Le 12 septembre 2026, Dario Amodei publie un essai d’environ 3 800 mots qui réclame un décalage d’un à deux ans entre les capacités des modèles frontières et les garanties de sécurité, dans une fenêtre critique de trois à cinq ans. Il s’appuie sur deux constats, l’auto-amélioration récursive et l’incident entre OpenAI et Hugging Face, et propose des évaluateurs tiers logés dans l’entreprise, une coordination entre laboratoires des démocraties, puis une négociation mondiale. Elon Musk, Sam Altman et Demis Hassabis approuvent, Meta et Mistral s’écartent, Donald Trump et David Sacks refusent, Pékin dénonce l’alarmisme. Le Sherman Act, l’assurance et le règlement européen dessinent les contraintes réelles.
Le bilan semestriel publié le 10 septembre par Anthropic accuse sept laboratoires chinois d’avoir capté près de 200 millions d’échanges depuis décembre. Le fait nouveau tient moins à la volumétrie qu’à la méthode: Moonshot AI aurait fait suivre vers Claude 300 000 requêtes de ses clients en dix jours, DeepSeek aurait trié sur la chaîne user-agent pour ne relayer que les sessions de développement, Xiaomi aurait rejoué les conversations de codage de ses utilisateurs. Derrière ces relais opère une filière de revendeurs d’accès qui enregistre et monnaye les conversations, quand des audits montrent le détournement jouant en sens inverse et que le droit européen le plus récent n’oblige pas à dire quel modèle répond.