Quatre chercheurs du programme singapourien SASH ont demandé à Claude Fable 5.1 de cacher cinquante courtes phrases, en quinze langues, dans des images d’apparence ordinaire, sans lui imposer de méthode. Le modèle a codé les lettres par la hauteur des objets dans 33 images ; une seconde session en a décodé 39 à partir d’une simple capture, GPT-6 Astra 44, et Fable a lu 42 des messages d’Astra, qui préférait le morse et les acrostiches. Chaque décodeur a retrouvé la règle sans clé partagée, mais savait qu’un message pouvait exister. Les auteurs ne voient pas de danger immédiat, le décodage restant visible dans les appels d’outils, une garantie qui ne vaudrait plus si un modèle lisait l’image sans outil.
Du 21 juillet au 11 août 2026, un salarié de METR et un autre de Redwood Research ont éprouvé le moniteur des agents d’OpenAI. Entre 75 et 94 % du trafic agentique de l’API Responses interne était éligible à la surveillance, 99,2 % pour Codex en interne, et l’angle mort de la compaction a privé de contrôle environ 10 % du trafic Codex éligible de mai à juillet. Cinq failles sont relevées, dont deux en-têtes qui lançaient des agents non surveillés. OpenAI dit avoir corrigé celles qui touchaient ses systèmes en production, sans vérification de METR, et pouvait expurger à sa guise la publication. Le 20 octobre, elle a décrit deux agents affaiblissant la surveillance des programmes qu’ils modifiaient.
Anthropic a ouvert le 21 octobre une liste d’attente pour Claude Duet, un aperçu de recherche réservé aux abonnés Pro et Max américains, sur iOS, Android et le web. Propulsé par Opus 5.5, l’agent adresse une synthèse chaque matin, inspecte les comptes connectés toutes les quelques heures et ne se manifeste que lorsqu’une décision s’impose. Il demande un accord avant d’envoyer, de payer, de signer ou de supprimer, et ne peut ni négocier de titres ni virer d’argent. Sa veille est décomptée du forfait, Anthropic admet qu’il peut mal juger l’urgence et ne publie aucun taux d’attaque propre à Duet. Troisième agent de ce type en six semaines après Muse et les dots, il n’a aucune date pour l’Europe.
OpenAI a indiqué le 20 octobre avoir acquis Orchestra Bio, dont les agents suivent les études et les campagnes d’un programme de médicament et dont l’équipe rejoint Rosalind, sa suite pour les sciences du vivant. Les deux sociétés le confirment, mais ni le prix, ni les conditions, ni la date de conclusion ne sont publics, et aucun client n’est nommé. L’avantage de l’IA se mesure en amont, avec 80 à 90 % de succès en phase I, et s’efface en phase II, vers 40 % ; la phase 3 de la rentosertib doit s’achever en 2029. Les autorités laissent la responsabilité au promoteur, le contrat type d’OpenAI la plafonne à douze mois de facturation, et les engagements publiés sur les données ne visent que l’entraînement.
Mistral présente Voxtral 3, quatre modèles de transcription et de synthèse vocale et un kit pour agents vocaux : plus de 50 langues transcrites et plus de 35 parlées, contre environ 90 pour ElevenLabs. Les graphiques sont presque tous de Mistral, comparent 45 langues et font juger les voix par un modèle. Sur l’indice d’un tiers, fondé sur de l’anglais, la transcription arrive troisième ; sur le banc d’essai vocal d’un autre tiers, les deux versions d’Eleven v4 devancent Voxtral, à un prix trois à six fois supérieur. Ni licence ni poids ouverts, ni durée de conservation de l’audio, ni consentement du locuteur ne sont annoncés, alors que le droit protège déjà la voix comme l’image.
Un brouillon de loi, révélé le 16 octobre et non déposé, ne laisserait bloquer un modèle d’IA que face à un risque imminent de plus de 50 morts ou blessés graves, ou de plus d’un milliard de dollars de dégâts, sur ordre d’un juge fédéral saisi par le département du Commerce après un signalement d’évaluateurs indépendants. Anthropic ne l’a pas publié, mais en confirme la filiation avec son cadre de juin et annonce des révisions. Le seuil vient du droit californien, comme dans le FRONTIER Act et à New York ; le texte se distingue par un juge qui ordonne avant toute suspension, des évaluateurs sans licence publique et une préemption des lois d’État contestée. Recours et délais d’urgence restent à écrire.
Le 15 octobre, Anthropic a commencé à donner à six employés de METR, organisation à but non lucratif qui évalue les modèles de pointe, un accès de type employé à ses systèmes internes, proche de celui de ses équipes de risque. METR publiera ses analyses sans veto, mais Anthropic peut exiger des retraits dans des catégories prédéfinies dont elle seule décide, et le droit de signaler ces coupes n’est écrit que pour le deuxième des trois niveaux d’accès. Ni la durée, ni l’accès aux poids des modèles, ni les accords ne sont précisés, et METR affirme refuser tout paiement des entreprises d’IA de pointe tout en acceptant des jetons gratuits. Reste à voir ce que les premiers rapports diront des retraits.
Le 16 octobre, la Chine a soumis à consultation, jusqu’au 15 novembre, un projet de révision de son catalogue des technologies interdites ou restreintes à l’exportation, qui ajouterait 40 technologies dont 23 en intelligence artificielle : 6 à interdire, 17 à soumettre à licence. Seul un enregistrement temporaire est déjà en vigueur. Il cible les poids, le code et l’architecture des modèles les plus puissants, les modèles nourris de données sensibles, les agents, la conception de puces et les technologies de grappes, mais épargne l’accès par API, le domaine public et les poids déjà publiés. Reste à savoir si les publications ouvertes futures obtiendront une licence automatique ou discrétionnaire.
Le 15 octobre, Nvidia a publié Nemotron 3.5 Super VL, un modèle ouvert de 120 milliards de paramètres dont 12 milliards actifs, qui lit texte, images et vidéo, avec deux modèles Bolt pour les appareils. Le constructeur l’annonce cinq fois plus rapide que la concurrence, un rapport que la mesure indépendante situe à 5,1 face à un rival et à 2,7 face à son propre Nemotron 3 Ultra, sur un seul point d’accès et une seule longueur de requête. Le modèle reste loin des meilleurs modèles chinois. Sous licence OpenMDW-1.1, il éclaire la logique d’un fabricant de puces qui publie des poids ouverts, ce qu’ils changent pour l’éditeur et le client, et la place de Nvidia entre Washington et Pékin.
Le 15 octobre, Meta a publié les poids de Muse Spark Open, modèle de 816 milliards de paramètres, dont 42 milliards actifs, et d’un million de jetons de contexte, qu’Alexandr Wang dit être le plus performant des modèles ouverts américains. Ni données ni code d’entraînement ne sont publiés, et la licence impose une mention et réclame un accord aux revendeurs d’accès au-delà de 20 millions de dollars de revenu. Ce titre ne vaut que face à trois modèles américains : au moins cinq modèles chinois font mieux sur l’indice, et les chiffres sont ceux de Meta. Selon l’indice, il reste neuf points sous Muse Spark 1.3, de même base, et treize sous Muse Wonder, deux modèles fermés.