Saisie d’office en janvier 2026, l’Autorité de la concurrence a rendu le 17 juillet un avis de 104 pages sur les agents d’intelligence artificielle. Elle y relève qu’OpenAI, Google et Anthropic réunissent plus de 84 % des usages, décrit un ticket d’entrée faible mais un coût d’inférence qui trie les survivants, et détaille l’obstacle de l’accès aux utilisateurs, capté par les systèmes d’exploitation et les messageries. Le commerce agentique, encore absent de France, concentre les inquiétudes : désintermédiation, auto-préférence, verrouillage, collusion algorithmique. Une expérience sur deux agents et six recommandations complètent un texte qui mise sur le droit existant plutôt que sur une loi nouvelle.
La Commission européenne prépare deux jeux de mesures contraignantes contre Google, attendus le 27 juillet 2026 au titre du Digital Markets Act. Le premier ouvrirait Android aux assistants concurrents de Gemini, en leur donnant un mot-clé vocal propre, les points d’entrée système, la lecture de l’écran et les ressources matérielles ; le second obligerait le groupe à partager ses données de recherche anonymisées avec les moteurs rivaux et les robots conversationnels. Il ne s’agit pas d’une sanction mais d’une procédure de spécification, qui écrit un cahier des charges sans constater d’infraction. Sa portée dépendra de seuils techniques : mot-clé permanent, modèles embarqués, filtrage des requêtes rares.
OpenAI et Anthropic adressent chacun au corps enseignant américain une offre bâtie sur leurs modèles génératifs et gratuite au lancement, un an chez Anthropic avec une inscription qui ferme le 30 juin 2027, jusqu’en juin 2028 chez OpenAI. Les deux visent le K-12, promettent d’alléger la paperasse et la préparation des cours et s’engagent par défaut à ne pas entraîner leurs modèles sur les données scolaires. Derrière la gratuité se dessinent neuf connecteurs edtech branchés sur un protocole ouvert, des agents capables d’exécuter des tâches programmées, une cartographie des programmes tenue par une organisation privée et un droit américain qui se décide État par État.
Le 14 juillet 2026, la gouverneure de l’État de New York a signé un décret gelant pour un an les permis d’État des centres de données de 50 mégawatts et plus, le temps qu’une étude d’impact soit rendue. Le gel épargne les autorisations locales et exclut l’industrie, la recherche, l’éducation et la santé. Il arrive alors qu’un texte parlementaire bien plus sévère, voté le 4 juin et fixant le seuil à 20 mégawatts, attend toujours une signature. Derrière la mesure, une file d’attente de raccordement de près de 12 gigawatts dont le gestionnaire de réseau n’attend qu’une petite part, des factures d’électricité qui montent, une opinion majoritairement hostile, et une France qui légifère en sens inverse.
Réuni en juillet 2026 par le ministère du Commerce et le planificateur d’État, un tour de table associant Alibaba, ByteDance et Z.ai a examiné trois pistes: limiter l’accès étranger aux modèles avancés, fermés comme à poids ouverts, criminaliser les fuites de technologie et encadrer le financement des jeunes pousses. Rien n’est décidé. Le geste répondrait au précédent américain du 12 juin, quand une lettre du secrétaire au Commerce a suspendu deux modèles d’Anthropic dix-neuf jours durant, partout dans le monde. Les poids déjà téléchargés échappent à toute fermeture, mais les interfaces hébergées en Chine et les générations à venir restent à portée de décision, et l’Europe n’a que des règles à opposer.
Un rapport de McAfee mis en ligne le 1er juillet 2026 mesure la capacité de modèles d’intelligence artificielle gratuits à retrouver le lieu d’une photo de vacances sans métadonnées: Gemma3 27B identifie la ville dans 87 % des cas, Qwen3 VL 30B dans 91 %, sur un corpus de 21 236 images publiques complété par 102 photos inédites. Les modèles s’appuient sur les monuments, les lignes d’horizon, l’architecture, la signalisation et la végétation. Le lieu et la date de publication alimentent ensuite des messages frauduleux personnalisés, ou des appels à l’entourage. Des travaux indépendants ramènent pourtant l’exactitude au niveau de la ville à 53,8 % et documentent un net biais géographique.
Une juridiction fédérale de Californie a enregistré le 10 juillet 2026 l’action engagée par Apple contre OpenAI, deux anciens ingénieurs et la structure matérielle née du rachat de io. Le dossier reproche l’emport d’informations sur des appareils jamais présentés, l’exploitation d’un défaut d’authentification depuis un ordinateur non restitué, l’usage de noms de code lors d’entretiens d’embauche et l’exécution d’un procédé de finition secret chez un sous-traitant commun. Le choix de plaider la seule loi fédérale, la protection revendiquée sur l’affectation des équipes aux projets et le rejet récent d’une action comparable dessinent les limites de ce qu’un juge pourra ordonner.
Le 9 juillet 2026, OpenAI a ouvert à tous GPT-5.6 Sol, Terra et Luna, tarifés de 1 à 5 dollars le million de jetons d’entrée, et lancé ChatGPT Travail, un agent qui accède au bureau et au navigateur. Chaque chiffre vise Claude Fable 5: 53,6 à Agents’ Last Exam, 59 contre 60 à l’Intelligence Index, 80 au Coding Agent Index. Deux de ces écarts tiennent dans une marge d’erreur ou dans le choix d’un harnais, et le premier ignore le palier où tous les agents échouent. Restent le coût par tâche, une fiche système qui admet un dépassement d’intention, une preview de douze jours sous revue gouvernementale et l’échéance européenne du 2 août 2026.
Présenté comme le modèle le plus puissant de xAI, désormais absorbé par SpaceX, Grok 4.5 est facturé 2 dollars le million de tokens en entrée et 6 dollars en sortie, quand le haut de gamme d’Anthropic atteint 5 et 25 dollars. Sur l’indice des agents de codage d’Artificial Analysis, il obtient 76 points pour 2,49 dollars par tâche, contre 5,07 dollars pour GPT-5.5 et 11,80 dollars pour Fable 5. La grille officielle nuance l’offensive, puisque les prix doublent au-delà de 200 000 tokens de contexte, que les appels d’outils sont facturés à part et que le modèle reste le plus cher du catalogue maison. Forrester, Omdia et Counterpoint invitent à raisonner en coût par résultat réussi plutôt qu’en coût par token.
Mistral AI a dévoilé le 8 juillet 2026 Robostral Navigate, un modèle de navigation robotique de huit milliards de paramètres conçu en interne, qui fonctionne avec une seule caméra couleur, sans lidar ni capteur de profondeur, sur des robots à roues comme à jambes, pour l’industrie, la logistique, la livraison et l’accueil. Entraîné uniquement en simulation sur 400 000 trajectoires réparties dans 6 000 environnements, puis post-entraîné par renforcement avec CISPO, il revendique 76,6 % de réussite sur le benchmark R2R-CE en environnements inconnus. Reste à savoir ce que vaut ce score hors simulateur, ce que coûte vraiment le capteur supprimé, et ce que le règlement machines européen exigera le 20 janvier 2027.