Le 16 juin 2026, la veille de VivaTech, Sébastien Lecornu présente un plan en trois volets: 655 millions d’euros supplémentaires pour l’intelligence artificielle dans France 2030, le remplacement de Palantir par ChapsVision à la Direction générale de la sécurité intérieure, et l’ouverture d’ici l’été à un million d’agents d’un assistant conversationnel adossé à Mistral AI, pour 700 000 euros. Derrière l’affichage souverain, la rupture achève un marché public lancé en 2022, le plafond du million épouse le périmètre du réseau interministériel et le prédécesseur Albert n’est jamais cité. Restent la naissance d’ARIANE en 2027 et un calendrier européen encore ouvert.
Le 12 juin 2026, le bureau de la procureure générale de New York a notifié à OpenAI une assignation réclamant, pour le compte de quarante-deux procureurs généraux d’États, des documents sur les données de santé et de consommation, la publicité, l’engagement et la rétention, la sycophantie du modèle et le traitement des mineurs et des seniors. La démarche prolonge une série d’affaires, du procès Musk aux plaintes liées aux fusillades de Tumbler Ridge et de Florida State, puis à la première plainte d’État déposée par la Floride le 1er juin. Elle intervient alors qu’OpenAI vient de soumettre un projet de S-1 confidentiel à la SEC, ce qui l’obligera à décrire par écrit un risque dont l’issue reste inconnue.
Un fabricant de drones ukrainien affirme que dix quadricoptères entièrement autonomes ont tué des soldats russes lors d’un essai mené il y a deux ans près de Bakhmout et de Tchassiv Iar, sans liaison ni validation humaine au moment du tir. Aucune vidéo, aucune confirmation officielle, aucune source indépendante ne l’étayent, et la chronologie du récit résiste mal à l’examen. Derrière l’annonce se lit une demande d’assouplissement de la règle ukrainienne, qui proscrit l’automatisation du dernier geste contre des humains. Le brouillage impose déjà l’autonomie terminale des deux côtés du front, tandis que la diplomatie dispose à Genève d’un projet d’instrument sans avoir la procédure pour l’adopter.
Trois jours après leur lancement, Claude Fable 5 et Claude Mythos 5 ont été débranchés par Anthropic pour l’ensemble de ses utilisateurs, à la suite d’un courrier du gouvernement américain reçu le 12 juin à 23h21 heure de Paris. La directive place les deux modèles sous le régime du contrôle des exportations et en interdit l’accès à tout ressortissant étranger, salariés de l’entreprise compris, ce qu’un service en ligne ne sait pas filtrer. Déclenchée par un contournement des garde-fous jugé mineur par l’éditeur, la mesure repose sur un mécanisme juridique conçu pour des marchandises, prive l’OTAN et l’ENISA d’un outil de défense et s’inscrit dans un conflit ouvert depuis février.
OpenAI a annoncé le 11 juin 2026 son intention de racheter Ona, ex-Gitpod, société de droit allemand immatriculée à Kiel qui fournit aux agents de code des environnements cloud isolés. L’objectif affiché est de permettre à Codex de poursuivre une tâche ordinateur éteint, dans le nuage de l’entreprise cliente. L’opération n’est pas close, le montant reste secret et le droit allemand des concentrations pourrait en allonger le calendrier. Elle intervient trois semaines après la livraison d’une architecture équivalente par le concurrent, sur un marché de l’exécution déjà occupé, et alors que les deux laboratoires viennent de déposer leur dossier d’introduction en bourse.
OpenAI étudierait des baisses de prix drastiques sur ses tokens pour anticiper un mouvement d’Anthropic, à la veille de deux introductions en Bourse. Aucun chiffre ni calendrier n’accompagne cette hypothèse, alors que le prix à performance constante baisse déjà d’un facteur dix par an. Le décalage tient à des mécanismes invisibles sur les grilles tarifaires : jetons de raisonnement facturés au tarif de sortie, contexte renvoyé à chaque tour d’une boucle agentique, six tarifs distincts entre cache et batch. Uber plafonne la dépense de ses salariés, Meta a retiré son classement interne, et les données de marché contredisent l’idée que les modèles seraient interchangeables.
Anthropic a présenté le 9 juin 2026 Claude Fable 5, modèle de classe Mythos ouvert au grand public, et Claude Mythos 5, identique mais dépourvu de classificateurs et réservé aux partenaires de Project Glasswing. Sur Fable 5, les requêtes touchant à la cybersécurité, à la biologie, à la chimie ou à la distillation de modèles sont renvoyées vers Claude Opus 4.8, soit moins de 5 % des sessions en moyenne. Derrière ce dispositif se jouent le fonctionnement réel du refus dans l’API, un tarif double de celui du modèle de repli, une rétention obligatoire d’au moins trente jours, et un bilan de Glasswing où cinq cent trente failles transmises aux mainteneurs n’ont donné que soixante-quinze correctifs.
Apple n’a pas confié son nouvel assistant à Gemini: la firme a lancé cinq modèles maison, dont un modèle local de vingt milliards de paramètres logé dans la mémoire flash, qui n’en active qu’un à quatre milliards par requête, selon une technique publiée dans deux articles de recherche. Google a servi de professeur, sur ses puces TPU puis par distillation de ses sorties, un droit que les conditions d’utilisation des grands laboratoires refusent d’ordinaire. Private Cloud Compute explique l’absence de mémoire de l’assistant, la clause d’interopérabilité du règlement européen son absence en Europe, et l’ouverture des frameworks aux modèles concurrents pourrait être l’annonce la plus durable de la conférence.
Le 5 juin 2026, SpaceX a informé le régulateur boursier américain de la signature d’un accord de services cloud avec Google portant sur environ 110 000 GPU NVIDIA, pour 920 millions de dollars par mois d’octobre 2026 à juin 2029. Ajouté aux accords conclus avec Anthropic à 1,25 milliard mensuel, il porte à environ 26 milliards de dollars les revenus annuels contractualisés par une entreprise qui devient loueur d’infrastructure de calcul à quelques jours de son introduction en bourse. Les clauses de résiliation, l’écart de prix entre les deux clients, la procédure ouverte contre les turbines qui alimentent ses centres de données et l’échéance commune de 2029 en dessinent les limites.
De hauts responsables américains ont engagé des discussions préliminaires avec plusieurs grandes entreprises d’intelligence artificielle sur une cession d’actions à l’État fédéral, dont les rendements financeraient des usages publics et peut-être des versements aux ménages. L’idée figure depuis avril dans un document d’orientation décrivant un fonds public alimenté par le capital d’un laboratoire, et remonte à une proposition de 2021. Aucun pourcentage n’est fixé, aucune loi n’autorise le Trésor à conserver de tels titres, et le précédent invoqué relève d’une conversion de subventions plutôt que d’un don. L’arithmétique, le droit budgétaire et un contentieux déjà ouvert dessinent les limites du montage.