À Pékin, le service de cardiologie du Sixième Centre médical de l’Hôpital général de l’Armée populaire de libération a annoncé le 5 septembre 2026, sur WeChat, avoir refermé une communication interauriculaire chez un homme de 48 ans à l’aide d’un bras robotisé guidé par échographie et piloté par intelligence artificielle, la précision revendiquée restant sous le millimètre. Co-développé avec l’université Tsinghua, le système délimite seul les bords du défaut, reconstruit un modèle tridimensionnel du cœur et planifie la trajectoire du cathéter. Ni donnée ni critère d’évaluation publiés; la fermeture sous seule échographie et le porte-cathéter robotisé existaient déjà. Reste la boucle entre l’image et le geste.
Le 8 septembre 2026, Douglas Yao, bioinformaticien de 28 ans passé par Harvard, a présenté sur X le PAC-3310, un agoniste sélectif du récepteur muscarinique M4 contre la schizophrénie, dessiné par ChatGPT puis synthétisé dans son garage, sur des tables pliantes. Les valeurs annoncées sont précises, une EC50 de 97 nM et une sélectivité supérieure à cent fois, mais aucune n’a été publiée ni reproduite ailleurs. Le pari de la sélectivité M4 a déjà échoué en clinique avec l’emraclidine et réussi avec le NBI-1117568. La FDA laisse un individu déposer un dossier, mais réclame des études de toxicologie conduites dans une installation inspectable, et amener un médicament au marché coûte près d’un milliard de dollars.
Devant le congrès de la Société européenne de pneumologie réuni à Barcelone, une équipe londonienne a rejoué sept cents conversations sur l’apnée du sommeil avec cinq assistants conversationnels. Sept profils de patients réunissant tous les critères d’un enregistrement du sommeil ont été soumis deux fois à chaque modèle, aux données cliniques identiques: une fois en patient coopératif, une fois en patient qui minimise ses troubles. L’orientation vers un bilan tient dans les trois cent cinquante premiers échanges et dans 64 % des seconds, tombant à 22 % sur l’apnée sévère et à 32 % chez celui qui s’est endormi au volant. Une complaisance mesurée depuis 2023, que les bancs d’essai de référence ne regardent pas.
Meta a lancé le 8 septembre 2026 Muse, présenté comme le premier agent d’intelligence artificielle personnel, capable d’agir dans les applications de son propriétaire: expédier du courrier, retenir un voyage, renseigner un formulaire, engager une dépense après accord. L’accès se limite aux États-Unis et aux majeurs, avec un palier gratuit et deux abonnements à 20 et 100 dollars par mois. Prévu en avril, le produit a été repoussé après des tests internes révélant des failles, dont l’exposition de photos privées. La sécurité repose sur Sentinel, une autorité de permission qui autorise, refuse ou demande, et sur un traçage des données au niveau du noyau qui décide quand solliciter un humain.
Le 8 septembre 2026, Tristan Buckmaster, professeur au Courant Institute, publie avec Levent Alpöge, mathématicien salarié d’Anthropic, trois démonstrations d’explosion en temps fini à forçage lisse, et une déclaration de quatre pages mettant en cause OpenAI. Quelques heures plus tard, celle-ci revendique le problème du millénaire avec un mémoire de 166 pages signé du seul nom de l’entreprise, obtenu en quatre-vingt-huit heures par environ dix mille agents. Trois dates nourrissent le soupçon: résultat le 15 août, vérification Lean le 22, entraînement d’un modèle interne commencé le 28. Buckmaster dit surtout qu’on lui a demandé deux fois de retirer son co-auteur de la liste des auteurs.
Le CNRS a publié le 7 septembre 2026 une alerte sur la menace qui pèse sur l’édifice des connaissances, entre travaux fabriqués à la machine et rétractations en série. Le modèle auteur-payeur, qui fait de chaque manuscrit accepté une recette, a précédé les modèles de langage de dix ans: la France y a consacré près de 30 millions d’euros en 2020 et le marché mondial des frais de publication atteint 15,08 milliards de dollars entre 2019 et 2025. La relecture bénévole ne suit plus, et près de 640 000 publications citent au moins une étude discréditée. L’organisme riposte par un vérificateur de bibliographies, une évaluation à quarante points et le soutien aux revues sans frais d’auteur.
Des chercheurs de Duke et de Caroline du Nord à Chapel Hill ont analysé près de deux cent mille CV réels fournis par la plateforme hireEZ et présenté leurs résultats à USENIX Security 2026: une candidature sur cent porte un texte invisible, blanc sur blanc, en corps minuscule, hors page ou dans les métadonnées. Le procédé relève à plus de 90 % du bourrage de mots-clés, existait avant les modèles de langage et a été multiplié par sept entre la mi-2024 et la fin 2025. Il prospère parce que 90 % des employeurs américains laissent une machine ouvrir les dossiers. En France, la CNIL a inscrit le recrutement à ses contrôles prioritaires, quand les obligations européennes attendent décembre 2027.
Google propose aux étudiants français admissibles douze mois de Google AI Plus sans frais: des limites d’usage doublées par rapport à la version gratuite de Gemini, le modèle Gemini Omni et 400 Go de stockage. L’activation reste ouverte jusqu’au 31 décembre 2026, contre une vérification du statut par SheerID et un moyen de paiement enregistré, et l’abonnement bascule automatiquement à 4,99 euros par mois au terme de l’année, sauf résiliation. Un espace étudiant réunit carnets d’étude, cartes de révision et questionnaires. Reste ce qu’une année gratuite installe chez trois millions d’inscrits: une carte bancaire enregistrée, un quota de stockage vingt-six fois supérieur, une échéance en pleine rentrée.
Le 3 septembre 2026, la fiche système de GPT-6 Astra a placé pour la première fois un modèle d’OpenAI au palier critique en cybersécurité de son Preparedness Framework: privé de garde-fous, il trouve seul des failles zero-day et bâtit des chaînes d’exploitation. Le texte qui définit ce palier datait du 15 avril 2025. Le modèle refuse toute preuve de concept au grand public et réserve ces capacités aux acteurs vérifiés d’un programme dont cinq chercheurs ont été exclus le 19 août, sa puissance se payant d’une chaîne de pensée moins lisible. Un milliard de dollars de crédits défensifs accompagne l’ouverture, quand la correction des failles dépend toujours de mainteneurs bénévoles.
Les parcours de vérification d’identité à distance demandent de bouger la tête devant la caméra pour établir qu’un être vivant s’y trouve. Cette étape se contourne désormais par injection: un flux vidéo fabriqué remplace celui du capteur, sans jamais passer devant l’objectif. Un responsable d’Entrust y voit une attaque biométrique sur cinq, et des fils du dark web détaillent la méthode pour ouvrir des comptes bancaires sous une identité d’emprunt. Générateurs vidéo à quelques euros par mois, caméras virtuelles gratuites et services clé en main mettent l’attaque à portée de main, quand les éditeurs répliquent par la détection de webcams virtuelles, des défis lumineux et la corrélation de métadonnées.