Le 10 octobre 2026, le développeur Luckey Faraday a écrit sur X qu’Activision lui avait adressé une demande de retrait fondée sur le DMCA, pour avoir porté des jeux Call of Duty dans un navigateur avec des modèles qui auraient écrit tout le code en environ 48 heures. La demande n’est pas publiée et Activision n’a rien dit en public : c’est une déclaration, non une pièce. Le droit d’auteur protège l’expression d’un jeu, cartes, textures, animations et sons, non sa mécanique, et l’outil ne change pas la qualification d’une reprise. Utilisateur, hébergeur et fournisseur de modèle répondent sous des régimes distincts, et les décisions sur l’entraînement laissent ouvertes les sorties.
Une inscription sur la liste de transparence du règlement européen sur les marchés numériques, repérée le 9 octobre, montre qu’Apple s’est assuré le droit d’embaucher certains salariés de Huxe, start-up audio fondée par d’anciens de l’équipe NotebookLM de Google, et une licence non exclusive sur sa technologie. Elle ne décrit aucun rachat, ne donne ni prix ni noms, et date du 9 juin, douze jours après l’arrêt du service. Ces montages d’embauche et de licence peuvent passer sous les seuils du contrôle des concentrations : la CMA britannique en a qualifié un de concentration, l’Europe a perdu l’essentiel de sa voie de renvoi, et les agences américaines n’ont pas tranché.
Le 6 octobre 2026, Christian Kroll, PDG d’Ecosia, annonce que le moteur de recherche allemand abandonne Mistral, retenu en mai à la place d’OpenAI, pour Melious, une passerelle qui sert des modèles à poids ouverts, dont des modèles chinois. Il invoque la qualité, la capacité et le prix et conteste les investisseurs internationaux de Mistral ; le grief nucléaire n’est qu’une paraphrase, que les chiffres ne soutiennent pas s’il vise le carbone : le réseau français émet six à huit fois moins que l’allemand, l’irlandais ou l’italien. L’épisode pose ce qu’un fournisseur doit offrir pour être retenu quand la souveraineté affichée se mesure au contrat, entre origine du modèle, hébergeur et juridiction.
Le 8 octobre 2026, Anthropic a ajouté à sa politique d’usage une ligne interdisant, à partir du 12 novembre, tout comportement abusif ou cruel, soutenu et sans nécessité, envers ses modèles. Les exceptions (agacement ordinaire, contradiction, thèmes créatifs sombres, tests et recherche) ne figurent que dans une note d’accompagnement, qui désigne la fin de conversation décidée par Claude comme principal moyen d’application, sans donner de motif. Les explications avancées, incertitude sur le statut moral des modèles ou effet du comportement des utilisateurs sur celui de l’assistant, s’inscrivent dans un débat où se répondent chercheurs, dirigeants, juristes et précédents du droit animal.
Le 7 octobre 2026, Anthropic a mis en ligne Claude Haiku 5.5, le plus petit modèle de la famille 5.5, facturé 0,10 dollar le million de jetons en entrée et 0,50 en sortie. Le facteur dix mis en avant vaut face à Haiku 4.5, par jeton et sous 100 000 jetons de prompt, mais pas face à GPT-6 Luna, dont la grille est identique au centime ; au-delà du seuil, Luna est moins chère. Une fois comptés le tokeniseur, la réflexion par défaut et le seuil, la facture d’une tâche baisse d’environ 75 % selon Anthropic, soit un rapport de un à quatre. Cache, effort, résidence des données et calendrier de Haiku 4.5 comptent autant que la grille, et aucune mesure indépendante ne recoupe encore les tableaux d’Anthropic.
Le 6 octobre 2026, Mistral AI a dévoilé Mistral Large 4, surnommé le Chonk, un modèle nativement multimodal d’environ mille milliards de paramètres, ouvert à tous par l’API et dont les poids sont promis pour la fin du mois, quand OpenAI et Google conditionnent à une habilitation l’accès à leurs modèles les plus capables en cybersécurité. Mistral reconnaît que l’écart avec les modèles de frontière n’est pas comblé, ce que le code confirme, et revendique l’avantage sur les modèles ouverts en cybersécurité, sur des mesures qu’elle est seule à rapporter. Reste qu’un refus appris se retire d’un modèle téléchargeable, et que la licence des poids demeure inconnue.
Le 5 octobre 2026, Cohere a lancé North 2, nouvelle version de sa plateforme d’agents d’entreprise : une orchestration repensée, une mémoire qui garde le contexte d’une session à l’autre, des plafonds de consommation par utilisateur, groupe et organisation, et un déploiement sur site, en cloud privé ou en environnement isolé. La société défend un agent qui travaille là où résident les données, face aux agents des grands éditeurs, et en fait un argument de souveraineté. Mais elle reste muette sur la durée de rétention de la mémoire, sa suppression et les connecteurs disponibles en mode isolé, trois points qui engagent la confidentialité, l’effacement et la responsabilité du client.
Le 4 octobre 2026, Donald Trump a annoncé sur Truth Social une Super Intelligence Force dirigée par Jay Clayton, directeur du renseignement national, présenté aussi comme référent IA : le poste est celui de la loi, le titre celui du rôle de fait. Aucun décret, aucune loi ni aucun mémorandum publié ne crée la force, et le décret du 29 septembre n’en dit rien. Elle suit de cinq jours un accord signé par six dirigeants du secteur, bâti sur un « devrait » sans définition ni échéance, et sa charte veut prévenir la surrégulation et la captation de la réglementation, l’industrie gérant pourtant l’essentiel des risques. Le cumul des deux fonctions et la loi sur les comités consultatifs restent à trancher.
Le 1er octobre 2026, SoftBank a versé à OpenAI la dernière tranche de 10 milliards de dollars, financée par de la dette à haut rendement, et l’a confirmé ; celle de Nvidia, du même montant, n’est rapportée que par une source anonyme. Si les deux sont avérées, elles soldent le tour de 122 milliards de dollars, dont Nvidia, SoftBank et Amazon ont fourni environ 90 %. Or Nvidia et Amazon fournissent aussi du calcul au laboratoire, et une garantie de Nvidia plafonnée à 105 milliards tient lieu de notation de crédit en Ohio. Les premières mesures officielles de la circularité invitent à lire la demande avec prudence ; l’introduction en bourse, que son dirigeant écarte pour 2026, laisse l’issue ouverte.
Le 29 septembre 2026, au DevDay, OpenAI a présenté les dots, des agents intégrés à ChatGPT dotés d’un ordinateur dans le cloud, d’un navigateur et de plus de 4 000 applications, qui suivent un projet d’un jour à l’autre et agissent sans attendre de consigne. Les droits se délèguent en trois couches, connexions, règles d’action et vérification automatique, et les tests publiés sont solides face à l’attaque frontale mais plus fragiles quand les tâches s’enchaînent. Le premier dot est inclus dans Pro, hors Europe, et dans Business Premium, l’usage n’étant pas décompté un mois, puis sous des conditions inconnues. Un dot se juge moins à ce qu’il sait faire qu’à ce qu’on lui laisse faire.