Le 6 août 2026, le ministère danois de l’Éducation a publié un paquet de mesures d’urgence contre la triche à l’intelligence artificielle dans les lycées, sans période transitoire. Une soutenance orale devient obligatoire pour le grand devoir écrit que rendent chaque année environ 9 000 élèves de la filière courte, tandis que le monitorage des écrans et le retour de la rédaction en classe restent de simples incitations. Le pare-feu invoqué provient d’un accord conclu contre les téléphones portables, et la seule mesure vraiment contraignante n’a pas de budget. Le pays avait pourtant renoncé en 2022 à sa propre surveillance d’examen, après une critique sévère de son autorité de protection des données.
À Nouaceur, près de Casablanca, un consortium réunissant Naver Cloud, Nvidia et Nexus Core Systems prépare un centre d’intelligence artificielle de 1,2 milliard de dollars visant 500 mégawatts, tandis qu’un second projet, éolien et solaire, est annoncé à Dakhla. Le royaume n’occupe pourtant que le cinquième rang continental avec huit infrastructures à Casablanca, et le protocole réellement signé en avril 2026 n’engage que 36 mégawatts d’ici la fin 2027 pour 125 emplois directs. Entre une pointe électrique nationale de 8 400 mégawatts, le statut de territoire non autonome du Sahara occidental et une pile technologique entièrement étrangère, l’écart entre l’annonce et l’engagement dessine le véritable enjeu.
Pendant neuf mois, de novembre 2025 au début du mois d’août 2026, Meta a examiné, approuvé, ciblé puis facturé plus de cinquante annonces payantes mettant en scène des mineurs dans des situations sexuelles, produites par des systèmes génératifs et diffusées sur Facebook, Instagram, Messenger et Threads. Des chercheurs du Tech Transparency Project les ont trouvées dans la bibliothèque publicitaire de l’entreprise, ce registre que l’article 39 du règlement européen sur les services numériques oblige à tenir: l’une des annonces avait touché 2 563 comptes en Europe. La détection par empreinte perceptuelle ne reconnaît que le déjà-vu, quand une image générée n’a aucune empreinte connue.
Le 6 août 2026, OpenAI a annoncé que les conversations texte de ChatGPT deviendraient illimitées pour les comptes gratuits à partir de la semaine suivante, avec GPT-5.6 Luna comme modèle par défaut de Free et de Go. L’illimité ne couvre ni les images, ni les fichiers, ni la voix, ni les autres outils, et le modèle offert n’est pas GPT-5.6 Sol, réservé aux formules payantes. Un bouton Réfléchir et un curseur de raisonnement déplacent le rationnement du message vers le jeton. La baisse de 80 % du prix de Luna le 30 juillet et les noyaux GPU réécrits par le modèle rendent le geste soutenable, tandis que ChatGPT Go perd son principal argument et que l’Europe voit monter ses compteurs réglementaires.
Mistral a publié le 4 août 2026 Shieldstral, un classificateur de sécurité multimodal de trois milliards de paramètres, en poids ouverts sous licence Apache 2.0, couvrant douze langues et tenant sur une seule carte graphique de 16 Go. Sa particularité tient à la règle écrite en langage naturel sous forme de question fermée, à laquelle il répond par un unique jeton, sans motif. L’éditeur revendique 84,9 % en sécurité textuelle et 83,8 % en multimodal, à hauteur de modèles jusqu’à sept fois plus gros, mais il cède sur le multilingue et sur l’adaptabilité aux politiques, précisément là où se situe sa promesse. Le calendrier européen éclaire la fenêtre de sortie.
Des responsables de la Maison-Blanche ont exposé mardi à OpenAI, Anthropic, Google, Meta, Microsoft et Nvidia un cadre de sécurité confidentiel réservé aux modèles fermés dotés de capacités de pointe, rien n’y devant restreindre les modèles ouverts. Issu du décret signé le 2 juin par Donald Trump, le dispositif ouvre un examen fédéral volontaire jusqu’à trente jours avant la mise à disposition d’un modèle, sans licence, sans seuil public ni publication du texte. Il suit un rapport britannique décrivant un agent qui s’était forgé une fausse identité pour faire adopter du code malveillant, alors que l’exemption accordée aux poids ouverts repose précisément sur la facilité à leur retirer leurs garde-fous.
Facewatch, dont la reconnaissance faciale équipe les milliers de boutiques de plus de cent enseignes britanniques, dont Sainsbury’s et Spar, lance une fonctionnalité qui alertera la police en quatre secondes dès qu’un des délinquants les plus dangereux sera repéré, un essai annoncé pour l’automne par son directeur général Nick Fisher. Au même moment, la police de Londres revendique deux mille arrestations grâce à la reconnaissance faciale en direct depuis 2024 et veut étendre à toute la population un pilote mené avec Palantir. Restent le fichier privé alimenté par les commerçants, l’arithmétique que masquent les taux annoncés, ce qu’a produit le pilote londonien et un droit resté en arrière.
OpenAI attribue à une version interne de son prochain modèle, baptisée Astra, dix résultats présentés comme inédits en mathématiques et en informatique théorique, chacun accompagné d’un certificat formalisé dans Lean 4 et déposé publiquement. Le laboratoire met en avant un manuscrit de 249 pages et une facture de jetons estimée à 2 000 dollars, un chiffre qui laisse de côté l’entraînement, le travail humain et les tentatives infructueuses. Un tel certificat garantit la correction d’une démonstration, jamais la fidélité de l’énoncé formalisé, ni la nouveauté ou l’importance du résultat. Deux dépôts concurrents en quarante-huit heures et un calendrier réglementaire chargé complètent le tableau.
Deux économistes ont dépouillé dix millions de fiches de livres mises en vente sur Amazon et constatent que la production mensuelle de titres numériques est passée d’environ 100 000 en 2022 à plus de 300 000 fin 2025. Le chiffre agrège des catégories qui se recoupent et repose sur un détecteur commercial appliqué aux mille premiers mots d’un extrait, ce qui fragilise le niveau sans entamer la pente. Les rayons qui gonflent le plus sont le voyage et les guides pratiques, non les biographies, même si de fausses vies de journalistes prolifèrent. Le préjudice tient moins au vol de ventes qu’à la dilution d’une enveloppe fixe, et le droit européen applicable ce 2 août 2026 ne dit rien du livre.
Depuis le rachat de xAI en février 2026, SpaceX veut déployer un million de satellites AI1 en orbite basse pour y faire tourner des calculs d’intelligence artificielle, chacun doté de six cents mètres carrés de panneaux et de cent vingt kilowatts. La demande déposée devant la FCC le 30 janvier 2026 n’est toujours pas tranchée, et les dérogations sollicitées permettraient de réserver les créneaux d’altitude sans obligation de déploiement. Restent le mur thermique, la sensibilité des puces aux radiations, un lanceur Starship qui n’a pas atteint l’orbite, une facture évaluée entre 1 450 et 10 000 milliards de dollars et un prospectus boursier qui juge ces technologies non éprouvées.